mercredi 18 avril 2012

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Je me suis levée ce matin là, insouciante. Les heures se sont écoulées lentement, paisiblement. Des tas de gens ont pris le train, sont allés au bureau, certains ont bu un café, ils ont lu, ri, pleuré, couru, d'autres sont allés chercher leurs enfants à l'école ou sont allés au cinéma. Ce que j'ignorais, c'est que si j'avais ouvert les yeux quelques heures auparavant, tes paupières étaient restées closes, ton corps endormi. Tes lunettes posées sur la table, un tasse de café, un journal furent les ultimes témoins de la vie qui continue, la vie qui oublie. Et pourtant comme j'aurais souhaité que ces objets inertes et silencieux parlent alors, qu'ils me racontent tes petits yeux malicieux, ton sourire en coin, tes maladresses si touchantes... Mais il a fallu m'y résoudre, aligner la tasse dans l'armoire, jeter le journal, emporter tes lunettes avec moi comme un trésor, les conserver jalousement. Parce que oui, c'est ce qu'on fait, on passe sa vie à mettre les choses à leur place, ou à leur en trouver une. On range pour se souvenir, pour se rassurer. On s'agrippe aux instants.

samedi 10 avril 2010

Salinger


C'est drôle. Faut jamais rien raconter à personne. Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer.

lundi 5 avril 2010

Hope there's someone nice to hold when I'm tired

Comment expliquer le goût de la peau, son incommensurable douceur, la justesse des corps endormis? Comment décrire ces fourmillements qui parcouraient nos pieds, les regards insaisissables, les frissons à profusion et cette sensation de vertige? Tenter d'amener toutes ces perceptions dans un monde solide et concret conduirait inévitablement à un mensonge..

dimanche 16 août 2009

But it's late in the day, and you're well on your way. What was golden went grey, and I'm suddenly shy


On se demande bien trop souvent si le choix que l'on fait est le bon ou non. On oublie tout un tas de réalités captivantes qui peuvent émaner d'une décision, même la moins calculée. Ce n'est pas ridicule de vivre.

samedi 11 juillet 2009

Nous nous montrons très nomades avec la vérité (Jonathan Safran Foer)

Is dreaming of Sweden & of landing stages...

samedi 2 mai 2009

Where the stairs are leaning dusk 'till dawn


Qu'appelle-t-on une maison finalement? Des pièces dont les murs sont une collection de nos vies, quelqu'un que l'on peut tenir serré lorsque la fatigue nous brise, un endroit où se sentir authentique? Des chansons, des souvenirs, des livres? Ce que je sais c'est que même s'il nous arrive de prétendre le contraire, personne n'affectionne s'y retrouver délaissé et oublié. Qui voudrait d'une maison où il a l'impression que sa vie y est mise entre parenthèses?

mercredi 7 janvier 2009

I keep my eyes wide open

Une quantité de personnes parlent seules. Au bord d'une rame de métro, derrière la vitrine d'un café, elles se croient hors d'atteinte, leurs balbutiements invisibles... En croisant l'une d'elles, il m'arrive de ralentir et de tendre l'oreille, espérant saisir au passage quelques bribes de son monologue. Je me plais alors à penser que cette vieille dame aux petits yeux brillants, que ce garçon à l'air fatigué n'ont ni l'un, ni l'autre, trouvé les bons interlocuteurs. Est-ce que c'est ce que les gens font systématiquement? S'entourer de personnes aussi dissemblables d'eux-mêmes? Ceux qui pensent que ces acteurs à demi silencieux se contentent de jacasser sans arrêt ont tort, je l'espère.